L’eucharistie : un autre champ d’expression de la grâce de Mgr Gay

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    Les Conférences aux mères chrétiennes, sont une reprise des entretiens qu’il avait avec ces dernières à Poitiers. Le premier tome est un commentaire pratique de la parabole de la Femme forte (Proverbes 9), le second porte sur différentes célébrations liturgiques. Parfois, Mgr Gay livre l’intime de son cœur et de sa pensée. Ici, dans la 59e conférence (Tome II), c’est un petit joyau de théologie eucharistique offert au cours d’une méditation de Jeudi Saint sur « l’Heure de Jésus », c’est-à-dire celle de sa Passion, de sa Pâque dans l’Evangile de St Jean.

Oh ! quoiqu’on ne fasse ici qu’entrevoir, et que ce qu’on entrevoit, on ne le puisse pas du tout exprimer, ne concevez-vous pas, ne sentez-vous pas quelque chose de l’émotion, du recueillement, du tremblement, de l’épanouissement, de la sainte exultation, du tranquille enthousiasme où entra l’âme sacrée de Jésus, quand, de cette source créatrice des heures, qui est l’éternité, elle vit enfin sortir cette heure attendue du ciel et de la terre, et autour de laquelle gravitaient depui quatre mille ans et devraient graviter, jusqu’à la fin des temps, les jour, les années et les siècles ? […]

Des profondeurs de sa puissance, lui qui allait obéir à tout le monde, se mettre sous les pieds de tout le monde et se laisser fouler par tout le monde comme un opprobre public et come un ver de terre, il enverra un ordre à sa toute puissance, il le lui intimera au nom de l’amour, qui, dans cette souveraineté absolue de la nature divine, semble être ce qu’il y a de plus souverain ; et il lui dira de faire que l’éternité s’incline vers cette heure où il entre, qu’elle la prenne, qu’elle s’y écoule, qu’elle l’emplisse jusqu’au comble, qu’elle l’enlève à l’empire du temps, l’élevant jusqu’à sa sphère propre ; qu’elle l’immobilise, qu’elle la perpétue et lui donne la vertu d’être réellement présente à toutes les heures de la durée, cette durée fût-elle immortelle : de telle sorte que, le matin, le soir, le jour, la nuit, en cette année ou en cette autre, en ce siècle ou en cet autre siècle, ce fût toujours ici-bas l’heure de la Passion de Jésus. En même temps, du même coup, il commandera que l’immensité descende, saisisse son corps à lui, ce corps qu’on allait garrotter, entraîner, déchirer ; qu’elle s’empare aussi de son sang qu’on allait répandre ; et que, comme l’éternité soustrayait au temps l’heure de son sacrifice, l’immensité en vînt soustraire au lieu la victime. Si bien que, sans devenir immense, ce qui était impossible, cette humanité immolée pût cependant être partout, c’est-à-dire en des millions d’endroits à la fois, partout où il y aurait un autel et du pain et un vrai prêtre voulant consacrer. Ainsi procurait-il que cette sainte victime s’immolât en tous temps et en tous lieux d’une manière transcendante et inexplicable sans doute à nos faibles esprits, mais d’une manière réelle, encore qu’elle ne fût plus terrestre ; et que, s’étant d’abord offerte pour tous, elle devienne à la fin nourriture de tous ! Jésus a donc pris d’une main son sacrifice, l’acte de son sacrifice, la matière de son sacrifice ; puis prenant de l’autre main le sceau de son être infini, il a divinement scellé et cette matière, et cet acte, et cette heure. Et tout cela, c’est l’eucharistie. […]

C’est là pieuses chrétiennes, ce qu’à pareil jour, à pareille heure, il y a près de vingt siècles, Jésus, allant mourir à cause de vous, et véritablement par vous, a cependant daigné faire pour vous. A vous il a donné ce mémorial de ses miracles, cette somme de tous ses dons, ce chef d’œuvre de toutes ses œuvres, cette substance de toute sa doctrine, ce trophée de ses conquêtes, ce prix de ses larmes et de son sang versé. A vous il a donné ce gage sacré de son cœur […].

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Bicentenaire de Mgr de Conny

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L’Association Les solistes de demain célèbre le 22 mai prochain à 17h les deux cent ans de la naissance d’Adrien de Conny par un concert à l’hôtel de Conny à Moulins. C’est là que résida pendant 40 années cet ami de Charles Gay. C’est là aussi que ce dernier fut hébergé pendant le carême 1853 qu’il prêcha à la cathédrale de Moulins. Paul Beynet au piano et Enguerrand de Hys au chant interpréteront des oeuvres de Charles Gounod.

Meilleurs voeux !

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Action de grâces soit rendue pour cette année 2016, année où la mémoire de Mgr Gay aura continué de se nourrir par les lectures, les échanges et les études des lecteurs, chercheurs et dévots de l’évêque d’Anthédon. Cette année, conclue par une splendide exposition honorant l’amitié entre Charles Gay et Franz Liszt laisse entrevoir de belles perspectives pour 2017. En matière de publication nous attendons celle des actes du colloque de l’Institut Catholique de Paris. Dans le domaine de l’aide à la vie intérieure, saluons la publication du Carême à l’école des saints. Consacré au thème de la joie, il présente plusieurs textes de Mgr Gay ; à juste titre, notre auteur ayant des pages splendides sur ce thème.

Afin de profiter de ce dernier jour du Temps de Noël, où avec les mages nous avançons vers l’Enfant et Bethléem, voici une splendide lettre adressée à Sabine de Ségur (Soeur Jeanne-Françoise à la Visitation). En condensé on y trouve le cœur de la théologie mystique de l’évêque : une pépite pour commencer l’année !

Lettre à Sabine de Ségur du 22 décembre 1865

En attendant la joie de vous voir, ma chère fille en Notre-Seigneur, ce qui sera, s’il lui plait, dans la seconde semaine de janvier, je vous écris ce mot de réponse à votre dernière lettre. Ah ! Que vous êtes bien dans la voie !  Comme il est bon et sûr de passer de soi-même en Jésus et de s’y oublier et de s’y perdre ! Suivez cet attrait jusqu’au bout. Il vous dépouillera de tout mal et vous revêtira de tout bien, c »est à dire de Jésus. Il faut que ce fond, dont vous me dites que Jésus y règne tout à fait, aille s’étendant chaque jour. Comme après avoir possédé notre nature dans son incarnation bénie, il veut encore posséder nos personnes par la justification de nos âmes et le saint baptême ; et même, après avoir possédé nos personnes, il veut posséder toute notre vie, tous ses instants et ses actes. C’est de cette sainte propagation du Christ en nous que nous disons chaque jour : Père, que votre règne arrive ! Votre volonté le veut et vraiment ne veut point autre chose. La grâce, l’amour, le temps et la patience achèveront ce grand ouvrage, qui est celui pour lequel Dieu vous a créée, rachetée, appelée, à la vie religieuse. Vivez ce désir. Votre vie doit être un Viens perpétuel, mais un Viens qui fleurisse, pour ainsi parler, de la certitude habituelle qu’il est déjà venu. « Il » c’est Jésus, car il n’y a que lui après qui l’on soupire. Plus vous vous simplifierez, plus vous le glorifierez. Livrez tout, à tout heure. Ainsi faisait Marie, imitant, du reste cette tradition incessante et totale que la sainte Humanité faisait d’elle à son Père céleste. Que ce Noël vous soit plein de grâces ! Je le demanderai à Dieu pour vous ; et vous aussi, demandez-le-lui pour moi, pour mon âme et pour mes petites œuvres.

Adieu mon enfant ; que vos pauvres yeux extérieurs aillent où Jésus voudra ; c’est lui qui est votre œil, et celui-là ne se ferme pas. Je vous bénis en sa charité.

Votre dévoué Père,

Charles, pr.

Extrait de la Correspondance de Mgr Gay. Lettres de direction spirituelle. Troisième série, Mame, 1921, à Sabine de Ségur, Lettre XLVI.

Mgr Gay, participant de l’exposition Liszt à Chateauroux !

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Le musée Bertrand de Châteauroux offre jusqu’au 31 décembre 2016 une exposition  « Liszt, de Paris à Budapest en passant par le Berry ». Parmi les souvenirs du pianistes et de son entourage, l’amitié avec Charles Gay est mise en valeur : sont exposés un portait de Charles Gay, une lettre à Liszt datée du 12 mai 1838, certaines de ses partitions de jeunesse et un billet de Liszt à son vieil ami, daté du 31 mars 1886. L’amitié qui liait les deux musiciens, les deux chrétiens aux parcours pourtant si différents se trouve donc exceptionnellement honorée. Il faut souligner et remercier le travail de toute l’équipe des Lisztomanias qui a contribué à la richesse de l’exposition.

Pour participer à cette mémoire de leur relation, voici deux lettres de 1838 de Charles Gay à sa sœur Céline, qui, pianiste douée (élève de Chopin) avait certainement eu l’occasion de rencontrer le maître hongrois à Paris. On y découvre un Charles Gay, enthousiasmé par ses retrouvailles avec Liszt en Italie du Nord. Charles était alors en voyage avec son frère Victor.

Deux lettres à Céline Gay sur les retrouvailles amicales de Gay et de Liszt en Italie (1838).

Grâce soit rendue pour cette exposition et demandons par l’intercession de ces deux amis, une meilleure perception de leurs œuvres respectives, notamment dans le nœud qui les liait et, à n’en pas douter les lie encore dans les cieux : le Christ !