Bicentenaire de Mgr de Conny

Citer

L’Association Les solistes de demain célèbre le 22 mai prochain à 17h les deux cent ans de la naissance d’Adrien de Conny par un concert à l’hôtel de Conny à Moulins. C’est là que résida pendant 40 années cet ami de Charles Gay. C’est là aussi que ce dernier fut hébergé pendant le carême 1853 qu’il prêcha à la cathédrale de Moulins. Paul Beynet au piano et Enguerrand de Hys au chant interpréteront des oeuvres de Charles Gounod.

Pâques avec Jésus…

Citer

Pour vivre le mystère de la Résurrection, nous vous proposons ce texte de Mgr Gay tiré des Elévations. On y trouve des traits typiques du maître spirituel : perception vive de l’union hypostatique, puis l’expansion de la vie de Jésus, qui, ne s’arrêtant jamais chez Charles Gay à lui seul, se répand dans la Création et dans son Corps Mystique. Joyeuse Pâque !

DU PREMIER ACTE QUE FIT JÉSUS EN SORTANT DU TOMBEAU.

               O mon divin Ressuscité, votre gloire toute ruisselante de grâce et pleine d’attraits souverains ne fait que provoquer en nous, avec de plus vives admirations, des curiosités plus hardies et plus saintes. Tout ce qui est de vous nous est cher, plus cher que tout au monde, et vous-même daignez nous dire que cela nous appartient.  Il parlait dans votre lumière celui qui s’écriait : « Ma part à moi, mon héritage à moi, mon domaine à moi, c’est le Seigneur »[1]. Et nous avons pour le dire de meilleurs titres que lui : « notre part, c’est le Seigneur », et le Seigneur, c’est vous. Et pour parcourir cet héritage sacré, le sonder, en tirer les trésors sans nom qu’il renferme, vous nous donnez votre Esprit-Saint « qui scrute tout »[2], qui peut tout, et en qui tout nous devient possible.

Quel fut donc, ô mon Jésus, le premier acte de votre sainte âme quand, se réunissant d’elle-même à son corps par sa vertu divine, elle le fit traverser la pierre et sortir du tombeau ? Ah ! nous n’en saurions douter, et il me semble que c’est l’évidence : ce fut un regard intérieur donné à votre Père céleste, un hommage d’adoration rendu à la trois fois sainte Trinité, un acte de religion et d’amour, trop parfait pour être exprimable.

Si « en entrant dans le monde » par votre Incarnation bénie, vous aviez avant tout adoré votre Père, vous livrant à lui tout entier pour être son serviteur et à la fin sa victime[3], qui ne voit qu’en cette entrée nouvelle que vous faisiez dans son monde à lui, nous quittant pour rentrer dans son sein, laissant nos ombres pour ses splendeurs, nos larmes pour sa joie, notre vie basse et pénible pour sa vie libre et glorieuse, vous vous offrîtes à lui de nouveau, vous prosternant devant ses droits, baisant son sceptre que bientôt pourtant vous alliez tenir avec lui, lui rendant son mandat, le lui montrant pleinement accompli, et son dessein réalisé, et son honneur vengé, et son amour vainqueur. Cet acte était la fleur de tant de sacrifices que, au dedans et au dehors, vous aviez faits pour lui sur la terre ; il les comprenait tous, les résumait, les couronnait. Toute votre vie sainte et immolée s’y écoulait et y passait comme à l’état de quintessence; tout y était complet, et à ce point de consommation où les choses ne se modifient plus, ayant atteint leur terme et dès lors subsistant toujours. Et tout étant conclu pour vous du côté de la terre, cet acte inaugurait tout du côté du ciel; il était le début de votre vie glorieuse. O Jésus ! que tout cela est saint ! quel mouvement ! quel élan ! quelle paix ! quelle plénitude ! quelles vertus ! quel encens ! quel culte, et qu’il est digne de Dieu ! quel moment dans votre vie, mon Sauveur !

Dieu qui recevait tant de vous depuis votre Incarnation, qui, pour mieux dire, vous recevait vous-même sans cesse et tout entier à l’état de louange et d’oblation, n’avait pas cependant reçu encore un don semblable. Vous lui restituiez tout ce qu’il vous avait donné ; vous n’étiez plus en face de lui qu’une gratitude vivante et infinie; vous lui renvoyiez toute votre gloire personnelle, et d’autant plus qu’en ce moment-là même, il vous inondait de la sienne. Vous n’étiez que sa chose, pensiez-vous, disiez-vous, et n’aviez fait que son œuvre ; tout venait de sa volonté, de son opération, de sa grâce. Vous adhériez d’ailleurs à lui, selon votre nature humaine, avec une énergie incomparable ; vous communiiez à lui comme lui-même communiait à vous. Il se passait dès lors entre votre humanité et Lui quelque chose d’analogue à l’effusion immanente des trois personnes divines l’une dans l’autre. Et entrant ainsi en Dieu par votre première action pascale, vous n’y entriez pas tout seul. Ah! vous n’avez jamais été, vous ne serez jamais tout seul, ô amour dont le nom est « une huile répandue »[4]. Vous rapportiez à Dieu et, pour ainsi parler, étaliez devant ses yeux ravis, sa chère Création rachetée, pardonnée, purifiée, sanctifiée, reflétant son image, revêtue de votre forme, et tout enveloppée dans votre propre clarté ! Elle n’était pas seulement un trophée de conquête, une perle achetée à prix de sang, une brebis égarée retrouvée par son bon Pasteur et ramenée dans la paix du bercail (même sous cet aspect, c’était déjà une vraie magnificence : mon Dieu ! l’humanité, le monde, tout ce grand ouvrage des six jours « arraché aux ténèbres et transféré pour l’éternité dans le royaume de la lumière »[5], parvenant à sa fin, connaissant son Créateur, le voyant face à face, l’aimant, le bénissant, l’exaltant, le glorifiant, encore un coup c’était sublime et comme inestimable ; mais le comble, c’est que cette Création, et surtout cette humanité devenait, par votre volonté formelle et votre grâce, une portion vivante de vous-même. Vous en aviez fait votre corps dont chaque baptisé est un membre. Crucifiée et morte en vous et avec vous, elle ressuscitait maintenant en vous et avec vous, en attendant de monter au ciel avec vous et comme vous.

Tout cela, mon Jésus, fut compris dans ce premier acte libre qui suivit votre résurrection, jaillissant des profondeurs intimes de votre sainte âme, et se traduisant au dehors, peut-être par une parole, peut-être par un prosternement, à tout le moins par un regard élevé vers les cieux. Merci, ô Sauveur adoré et fidèle, merci de tout, merci pour tous. De sentir que vos bienfaits dépasseront toujours notre reconnaissance, ne fait que l’encourager et la rendre plus vive. Jusqu’où s’étend notre être vous voyez bien du moins que notre gratitude s’étend.

QUATRE-VINGT-ONZIÈME ÉLÉVATION

[1] Ps 15, 5.

[2] 1 Co 2, 10.

[3] Ps 39, 9.

[4] Cant 1, 2.

[5] Col 1, 13.

 

Meilleurs voeux !

Citer

Action de grâces soit rendue pour cette année 2016, année où la mémoire de Mgr Gay aura continué de se nourrir par les lectures, les échanges et les études des lecteurs, chercheurs et dévots de l’évêque d’Anthédon. Cette année, conclue par une splendide exposition honorant l’amitié entre Charles Gay et Franz Liszt laisse entrevoir de belles perspectives pour 2017. En matière de publication nous attendons celle des actes du colloque de l’Institut Catholique de Paris. Dans le domaine de l’aide à la vie intérieure, saluons la publication du Carême à l’école des saints. Consacré au thème de la joie, il présente plusieurs textes de Mgr Gay ; à juste titre, notre auteur ayant des pages splendides sur ce thème.

Afin de profiter de ce dernier jour du Temps de Noël, où avec les mages nous avançons vers l’Enfant et Bethléem, voici une splendide lettre adressée à Sabine de Ségur (Soeur Jeanne-Françoise à la Visitation). En condensé on y trouve le cœur de la théologie mystique de l’évêque : une pépite pour commencer l’année !

Lettre à Sabine de Ségur du 22 décembre 1865

En attendant la joie de vous voir, ma chère fille en Notre-Seigneur, ce qui sera, s’il lui plait, dans la seconde semaine de janvier, je vous écris ce mot de réponse à votre dernière lettre. Ah ! Que vous êtes bien dans la voie !  Comme il est bon et sûr de passer de soi-même en Jésus et de s’y oublier et de s’y perdre ! Suivez cet attrait jusqu’au bout. Il vous dépouillera de tout mal et vous revêtira de tout bien, c »est à dire de Jésus. Il faut que ce fond, dont vous me dites que Jésus y règne tout à fait, aille s’étendant chaque jour. Comme après avoir possédé notre nature dans son incarnation bénie, il veut encore posséder nos personnes par la justification de nos âmes et le saint baptême ; et même, après avoir possédé nos personnes, il veut posséder toute notre vie, tous ses instants et ses actes. C’est de cette sainte propagation du Christ en nous que nous disons chaque jour : Père, que votre règne arrive ! Votre volonté le veut et vraiment ne veut point autre chose. La grâce, l’amour, le temps et la patience achèveront ce grand ouvrage, qui est celui pour lequel Dieu vous a créée, rachetée, appelée, à la vie religieuse. Vivez ce désir. Votre vie doit être un Viens perpétuel, mais un Viens qui fleurisse, pour ainsi parler, de la certitude habituelle qu’il est déjà venu. « Il » c’est Jésus, car il n’y a que lui après qui l’on soupire. Plus vous vous simplifierez, plus vous le glorifierez. Livrez tout, à tout heure. Ainsi faisait Marie, imitant, du reste cette tradition incessante et totale que la sainte Humanité faisait d’elle à son Père céleste. Que ce Noël vous soit plein de grâces ! Je le demanderai à Dieu pour vous ; et vous aussi, demandez-le-lui pour moi, pour mon âme et pour mes petites œuvres.

Adieu mon enfant ; que vos pauvres yeux extérieurs aillent où Jésus voudra ; c’est lui qui est votre œil, et celui-là ne se ferme pas. Je vous bénis en sa charité.

Votre dévoué Père,

Charles, pr.

Extrait de la Correspondance de Mgr Gay. Lettres de direction spirituelle. Troisième série, Mame, 1921, à Sabine de Ségur, Lettre XLVI.

Mgr Gay, participant de l’exposition Liszt à Chateauroux !

Citer

Le musée Bertrand de Châteauroux offre jusqu’au 31 décembre 2016 une exposition  « Liszt, de Paris à Budapest en passant par le Berry ». Parmi les souvenirs du pianistes et de son entourage, l’amitié avec Charles Gay est mise en valeur : sont exposés un portait de Charles Gay, une lettre à Liszt datée du 12 mai 1838, certaines de ses partitions de jeunesse et un billet de Liszt à son vieil ami, daté du 31 mars 1886. L’amitié qui liait les deux musiciens, les deux chrétiens aux parcours pourtant si différents se trouve donc exceptionnellement honorée. Il faut souligner et remercier le travail de toute l’équipe des Lisztomanias qui a contribué à la richesse de l’exposition.

Pour participer à cette mémoire de leur relation, voici deux lettres de 1838 de Charles Gay à sa sœur Céline, qui, pianiste douée (élève de Chopin) avait certainement eu l’occasion de rencontrer le maître hongrois à Paris. On y découvre un Charles Gay, enthousiasmé par ses retrouvailles avec Liszt en Italie du Nord. Charles était alors en voyage avec son frère Victor.

Deux lettres à Céline Gay sur les retrouvailles amicales de Gay et de Liszt en Italie (1838).

Grâce soit rendue pour cette exposition et demandons par l’intercession de ces deux amis, une meilleure perception de leurs œuvres respectives, notamment dans le nœud qui les liait et, à n’en pas douter les lie encore dans les cieux : le Christ !