L’eucharistie comme l’Heure perpétuée

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En ce jeudi saint 2019, nous proposons aux chrétiens, une page majestueuse de Charles Gay sur l’eucharistie. Il s’adresse aux mères chrétiennes, dans une conférence. Il y médite l’Heure de Jésus, en laquelle nous pénétrons aujorud’hui, en ce jeudi saint. Toute la profondeur méditative de Charles Gay s’y expose, s’y déploie. Sa « mesure » de grand auteur chrétien se révèle :

Jésus était Dieu. C’est à donc à dire que cette sainte âme avait au-dessus d’elle, en elle, et véritablement à elle tous les trésors des perfections divines, et que, sous le congé de son bon plaisir toujours sage, toujours saint, elle en pouvait disposer comme de son bien propre. Oui, cette âme avait à elle la toute-puissance, à elle l’éternité, à elle l’immensité. (…) Ah ! filles d’Adam, si lorsque vous souffrez, vous aviez sous la main je ne dis pas la toute-puissance, mais un peu plus de puissance que celle qui vous a été naturellement dévolue ; si vous aviez à vous, je ne dis pas l’éternité, mais quelqu’empire sur la durée ; je ne dis pas l’immensité, mais le secret de réduire ou d’étendre les choses, je vous le demande, qu’en feriez-vous ? Oh ! qui de vous ne restreindrait sa peine ? C’est le contraire que fit Jésus.

Des profondeurs de sa puissance, lui qui allait obéir à tout le monde, se mettre sous les pieds de tout le monde et se laisser fouler par tout le monde comme un opprobre public et comme un ver de terre, il enverra un ordre à sa toute-puissance, il le lui intimera au nom de l’amour, qui, dans cette souveraineté absolue de la nature divine, semble être ce qu’il y a de plus souverain ; et il lui dira de faire que l’éternité s’incline vers cette heure où il entre, qu’elle la prenne, qu’elle s’y écoule, qu’elle l’emplisse jusqu’au comble, qu’elle l’enlève à l’empire du temps, l’élevant jusqu’à sa sphère propre ; qu’elle l’immobilise, qu’elle la perpétue et lui donne la vertu d’être réellement présente à toutes les heures de la durée, cette durée fût-elle immortelle : de telle sorte que, le matin le soir, le jour, la nuit, en cette année ou en cette autre, en ce siècle ou en cet autre siècle, ce fût toujours ici-bas, l’heure de la Passion de Jésus. En même temps, du même coup, il commandera que l’immensité descende, saisisse son corps à lui, ce corps qu’on allait garrotter, entrainer, déchirer ; qu’elle s’empare aussi de son sang qu’on allait répandre ; et que, comme l’éternité soustrayait au temps l’heure de son sacrifice, l’immensité en vînt soustraite au lieu la victime. Si bien que, sans devenir immense, ce qui était impossible, cette humanité immolée pût cependant être partout : non pas successivement partout comme un objet qu’on porterait de pays en pays pour lui faire faire le tour du monde, mais simultanément partout, c’est-à-dire en des millions d’endroits à la fois, partout où il y aurait un autel et du pain et un vrai prêtre voulant consacrer. Ainsi procurait-il que cette sainte victime s’immolât en tous temps et en tous lieux d’une manière transcendante et inexplicable sans doute à nos faibles esprits, mais d’une manière réelle, encore qu’elle ne fût plus terrestre ; et que, s’étant d’abord offerte pour tous, elle devienne à la fin nourriture pour tous ! Jésus a donc pris d’une main son sacrifice, l’heure de son sacrifice, l’acte de son sacrifice, la matière de son sacrifice ; puis prenant de son autre main le sceau de son être infini, il a divinement scellé et cette matière, et cet acte, et cet heure. Et tout cela c’est l’Eucharistie. (…)

C’est là, pieuses chrétiennes, ce qu’à pareil jour, à pareille heure, il y a plus de vingt siècles, Jésus, allant mourir à cause de vous, a cependant daigné faire pour vous.

Conférences aux mères chrétiennes, 59e conférence

Bicentenaire de Mgr de Conny

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L’Association Les solistes de demain célèbre le 22 mai prochain à 17h les deux cent ans de la naissance d’Adrien de Conny par un concert à l’hôtel de Conny à Moulins. C’est là que résida pendant 40 années cet ami de Charles Gay. C’est là aussi que ce dernier fut hébergé pendant le carême 1853 qu’il prêcha à la cathédrale de Moulins. Paul Beynet au piano et Enguerrand de Hys au chant interpréteront des oeuvres de Charles Gounod.