De la résurrection du Christ à celle des chrétiens

En cette fête de Pâques 2019, voici un extrait de Sermon de Charles Gay. L’extension du mystère du Christ est décrite. On se tromperait en en restant à la surface oratoire de ce texte : la théologie est précise. Soulignons cette perception de ce que pour le chrétien, le résurection a déjà commencé au baptême.

En Jésus-Christ ressuscité, la nature humaine est déjà toute refaite, la mort est abattue, la vie a triomphé, l’âme a rejoint le corps, le corps a rejoint d’âme, et cela pour l’éternité. C’est assez : le principe est posé avec toutes ses conséquences : le chef vit ; les membres vivront. N’ont-ils pas commencé à vivre ? Nous sommes déjà ressuscités en Jésus-Christ : nos âmes le sont, nos corps vont m’être. Est-ce que déjà, de leur tête à leurs pieds, l’éternelle vie ne les pénètre pas par tous nos sacrements ? Le Verbe s’est fait chair. Tu es sa chose, tu es son trophée, tu es le trône de sa miséricorde. Trésaille donc d’espoir et d’allégresse, ô ma chair, membre de Jésus-Christ, corps de Dieu ! Dieu t’aime comme soi-même : il peut bien consentir que la douleur et la mort te purifient ; il ne consentira pas  que la mort te garde. Tout en toi, jusqu’à tes cheveux, est sacré ; et de ces cheveux de ta tête, il ne s’en perdra pas même un seul.

Rien ne périt pour Dieu ; rien ne se dérobe à son œil infini ; rien ne sort de sa main ; et, nos restes fussent-ils dispersés aux quatre coins du monde, les quatre coins du monde obéiront à Dieu quand viendra l’heure, et rendront fidèlement leur débris. Nous nous retrouverons donc dans notre vérité, dans l’absolue identité de notre être spirituel et corporel, chacun demeurant absolument lui-même.

Sermon du 3 août 1851