« Vous êtes le membre de cette humanité sacrée »…

Voyez combien souvent , combien habituellement le Verbe n’a parlé que de cette manière à cette première épouse, à cette première hostie, qui était sa sainte humanité! Cette parole de la Croix écrasait cette humanité, elle la jetait dans la langueur, dans le dégoût, dans l’ennui; elle la réduisait à l’agonie et la broyait dans la tristesse. Le même mystère, qui s’est accompli dans le chef doit s’étendre aux membres; et à combien de titres êtes-vous le membre de cette humanité sacrée! Par quels liens lui êtes-vous unie: liens de promesses faites et de vœux prononcés, liens d’amour qui a demandé et d’amour qui a donné! Ayez le courage de ne pas vous plaindre; et, pour être plus sûre de la faire, rendez grâces et réjouissez-vous. Ne dites pas : c’est trop; ne dites même pas : c’est assez; et comme la sainte mère Marie de Jésus, ne craignez rien que de manquer de confiance. Oui la confiance, chère enfant, et la paix: la confiance quand même et une paix imperturbable! Triomphez du mal par le bien, du doute par la foi, du resserrement de la peur et de toute tentation par l’amour.

 

Je croix bien que vous ne vous soulevez pas, que vous ne vous relevez même pas, que vous restez petite, la petite du bon Dieu; mais il faut être aussi son enfant par la tendresse. La petitesse sans la tendresse pourrait rendre pusillanime; la tendresse sans petitesse rendrait présomptueux; toutes deux réunies font la correspondance parfaite et l’état régulier de l’âme

Lettre 54 du deuxième tome de Correspondance de direction spirituelle